l'atelier des médias, emission Mondo blog du 29/01/2010

Le 30-01-2010 • Pays : Burkina Faso

On est passé sur RFI aujourd'hui dans l'emission de Cédric Kalonji Mondo Blog pour parler de notre projet et du blog parceque maintenant on fait partie de la blogosphère  : Alors si vous n'y tenez plus et souhaitez nous écouter un seul lien à suivre : http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/emission-1134-blogs-et-art#13

Bonne Ecoute.

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Décentraliser pour mieux Démocratiser

Le 30-01-2010 • Pays : Burkina Faso

Entretien avec le professeur Jean-Pierre GUINGANE, directeur du FITMO, Festival International de Marionnettes de Ouagadougou, dont la 12ème édition aura lieu du 4 au 25 février 2010 au Burkina Faso mais aussi, et pour la première fois au Mali et au Niger autour du thème « Dialogue interculturel et intégration en Afrique ».

Souriant, Pr Jean- Pierre GUINGANE accepte de nous recevoir alors qu’il ne l’avait pas prévu et répond sans équivoque à toutes nos questions. Directeur de l’espace culturel Gambidi et du FITMO depuis 1996, il est passionné de culture, et de théâtre. Homme de lettres bardé de diplômes, il se destinait à une carrière universitaire et politique, qu’il a eu d’ailleurs, et qui aurait dû l’empêcher d’entrer dans le monde du spectacle. Car au Burkina Faso, si l’on est fier des griots qui réussissent en jouant des pièces, on trouve dévalorisant que ceux qui n’en sont pas continuent à jouer une fois devenus adultes. Mais malgré la réticence de son entourage, il n’a jamais renoncé au théâtre et le festival qu’il dirige est lui aussi devenu grand. Né en 1989 à Ouagadougou, il fête cette année sa 12eme édition et s’étend du Burkina jusqu’au Niger et au Mali, prouvant par là-même son succès auprès d’un public pourtant difficile à capter. Aussi lorsqu’on l’interroge sur son public et sur ce qu’il fait pour lui plaire, Pr Jean-Pierre GUINGANE a un petit sourire moqueur de l’homme d’expérience, car finalement, pour lui, il n’existe pas de politique vis-à-vis du public à proprement parler. De manière générale, et notamment dans les pays pauvres, deux facteurs majeurs peuvent dissuader les gens d’assister à une représentation de théâtre. Le prix d’entrée tout d’abord et l’image négative qui y est attachée d’autre part. Le prix d’une représentation, et du déplacement pour s’y rendre peuvent en effet être un facteur dissuasif, car si le prix d’un ticket d’entrée s’élève pour le FITMO à seulement 500 FCFA, cette somme modique pour certains, devient un véritable obstacle pour ceux qui ne sont pas sûrs de savoir de quoi demain sera fait. Pourtant, si des préférences tarifaires peuvent être faites pour les étudiants ou les abonnés, la gratuité n’est pas envisageable compte tenu des frais engagés pour chaque représentation. Il faut savoir que les sommes engrangées par la billetterie ne permettent même pas de couvrir les frais d’électricité. Le public cible, serait donc a priori la petite bourgeoisie pour qui l’argent n’est pas un grand problème. Pourtant, ce public, dit idéal, a lui-même de nombreuses raisons pour ne pas venir, et nombreux sont ceux qui veulent être invités gratuitement à une représentation pour pouvoir s’y rendre en tant qu’invité de marque. Même les hommes politiques n’accordent que peu d’importance aux évènements culturels comme le théâtre et les considèrent comme une perte de temps. Finalement, plus que la raison économique, c’est l’importance accordée à l’évènement culturel qui détermine le choix de venir assister ou non à une représentation. Le public des villes est parfois plus difficile à atteindre car comme toute les capitales, Ouagadougou, offre de multiples activités et le théâtre n’est que l’une d’entre elles, alors qu’il reste malgré tout dans les villages un évènement exceptionnel qui attise les curiosités. C’est pourquoi, depuis 2001, le festival s’est décentralisé, amenant ses troupes de théâtre et de marionnettes à jouer dans des villages plus reculés du Burkina Faso pour s’ouvrir à d’autres publics. Cette initiative est couronnée de succès car l’arrivée dans un village de troupes armées de projecteurs, annonce en elle-même le début du spectacle, et attire de nombreux curieux, heureux d’aller à la rencontre d’un nouveau type d’animation. Décentraliser est aussi d’abord et avant tout le gage d’une meilleure démocratisation culturelle. S’ancrant pleinement sur le territoire, le théâtre du Professeur Jean Pierre Guingane tisse des liens avec les gens et propose non pas un monologue mais une conversation. Il reflète un engagement poétique et politique en faveur du dialogue. Ainsi, si la culture appartient encore à un monde de caste, l’artiste est cependant moins méprisé au Burkina Faso qu’ailleurs car la période révolutionnaire de Thomas Sankara a permis de changer les mentalités en faisant de la culture une de ses priorités. Ce défunt président, était en effet aussi un musicien, et a permis de rendre à la culture ses lettres de noblesse en imposant à tous des comités révolutionnaires pour la culture, qui même s’ils ont pu être perçus comme folkloriques et dictatoriaux ont donné un nouveau souffle à la culture burkinabé, en permettant à chacun d’y avoir accès, et en multipliant de nombreuses initiatives culturelles qui font aujourd’hui de Ouagadougou une des principales capitale de la culture en Afrique. Mais si aujourd’hui de tels évènements culturels continuent d’exister et de s’étendre, c’est aussi et surtout grâce à la liberté d’expression qui existe dans ce pays contrairement à d’autres pourtant pas si éloignés. Le pouvoir de dire garantit la dynamique culturelle au Burkina Faso, et présage de manière positive de son évolution.

 Fodé et Zoé

 Nous remercions tout particulièrement M. Hamadou Mandé, directeur adjoint du FITMO pour nous avoir si gentiment aidé dans nos démarches.

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Ouaga, premier bilan

Le 28-01-2010 • Pays : Burkina Faso

Bonjour à tous,

Voilà plus d'une semaine déjà que nous sommes à Ouaga, et les visites se sont multipliées pour notre plus grand bonheur. Nous vous livrons dans ce blog les différents compte rendu d'entretiens auxquels nous aboutissons mais ils arrivent un peu au compte goutte car nous devons les rédiger et obtenir l'accord des personnes interrogées avant de vous les diffuser. Alors soyez patients... Ca arrive.
Sinon, tout va toujours bien, et nous nous habituons à la vie ouagalaise. Hier soir, nous avons été au concert de Naby, prix découverte RFI, un chanteur sénégalais qui déchire et dont on ne peut que vous dire d'aller l'écouter. Sinon, l'autre soir nous étions au vernissage d'un peintre franco indien au CCF, nommé Patrick Singh... pas vraiment emballant mais sympathique dans le style croquis de voyage. on essait ici de vous glisser un aperçu....
A venir  des photos d'exception de notre expèrience auprès des sculpteurs de bronze : Oui, oui, nous avons assister à la fonte du bronze et pour tout vous dire c'est assez impressionnant. Mais on vous donnera les photos après que les sculpteurs les aient vus ... droits d''image oblige.

On  vous embrasse sur la victoire des Blackstars du Ghana, que nous allons savourer chaudement en regardant Algérie /Egypte.

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La case des sculpteurs

Le 26-01-2010 • Pays : Burkina Faso

Entretien réalisé avec Messieurs Djiba Kouyate, Amdja Sanou et Ahmed Kouyate, sculpteurs membres de La case des sculpteurs,  dirigée par M. Nouar Konaté et située dans le quartier de somgande, secteur 25 à Ouagadougou.

              On dit souvent qu’il n’y a pas de hasard, et parfois vos pas vous mènent exactement là où il vous faut passer. Aux abords d’une route, alors que nous rentrions tranquillement d’une promenade sans but, surgirent devant nous, dépassant des herbes hautes, un buste de bois clair, un pompier de fer gisant et tout un ensemble d’êtres inanimés qui formaient à eux seuls une communauté particulière, pleine de finesse et de grâce. Auprès d’eux, tranquillement assis et affairés à leurs tâches, un groupe d’artistes, avenants et travailleurs. Sans le savoir nous venions de découvrir la case des sculpteurs, l’un des plus grands collectif de sculptures artisanales de Ouagadougou.

« Apprendre l’art avec le c½ur » 

Depuis maintenant près de quinze ans, La case des sculpteurs, regroupe autour du guinéen Nouar Konaté, 22 sculpteurs issus de nationalités différentes, venus pour apprendre à sculpter le bois (ébène, tek du sahel etc). Atelier traditionnel, ici on apprend sur le terrain en regardant les autres faire et en faisant soi même. Il n’y a pas d’autre école que celle de la pratique et tout le monde est susceptible de pouvoir devenir sculpteur à condition d’aimer les objets d’art et d’être intimement convaincu de leur importance. La case des sculpteurs propose même des ateliers de formation aux plus jeunes pendant les vacances scolaires afin de leur apprendre les rudiments du métier. La pratique vient ensuite avec le travail, et souvent elle s’avère plus efficace que la théorie, n’en témoigne une anecdote sur une des principales sculptures de la ville, appelée la porteuse de Jarres. Pour la réaliser on fit appel à un célèbre sculpteur ayant passé tous ces diplôme et ramené d’Europe un savoir théorique inestimable qui lui permis d’ailleurs d’arriver pratiquement jusqu’à la fin de son ½uvre. Cependant, restait à faire le visage, et il n’avait pas appris à les faire africains…. Il dû se résoudre à demander à la case des sculpteurs de l’aider à terminer son travail. Mais, devenir sculpteur au Burkina Faso n’est pas aisé, et souvent on les décrit comme des hommes à la tête baissée qui travaillent sans pouvoir garder le fruit de ce qu’ils ont fait. Mais qu’importe, car pour eux l’art est avant tout une histoire d’amour, d’honneur et de fierté. Leur but est de faire évoluer la sculpture, se faire connaitre et servir leurs pays.  Mais c’est aussi de prendre du plaisir dans leur travail et de parvenir chaque fois à rendre possible une forme imaginée : L’improvisation prend le dessus sur la forme du bois et une image se produit, comme une apparition et elle vous guide jusqu’à ce que l’objet imaginé devienne une réalité. L’art s’apprend donc d’abord avec le c½ur.

Un public dissout dans les dangers de la piraterie

Pourtant, rares sont les gens qui aiment la sculpture à cause notamment des interdits religieux et du manque de moyens des ouagalais qui même s’ils s’intéressent aux arts n’ont pas la possibilité de se procurer des ½uvres. Les ½uvres sont donc achetées par les touristes européens, ou par les cadres et hauts fonctionnaires burkinabés qui souhaitent faire un cadeau à leurs amis venus du Nord. Il s’avère en effet que les étrangers comprennent mieux le travail des sculpteurs et savent apprécier l’amour du travail fait. Au contraire, ce sentiment est plus diffus chez les africains qui ne voient pas l’importance et le temps passé sur chaque pièce et ne voient pas l’intérêt d’en connaitre l’auteur. Ainsi, il est arrivé à un Ministre de la culture de commander son portrait aux sculpteurs sans jamais chercher à les rencontrer ni à savoir lequel d’entre eux l’avait réalisé. Cette indifférence face à la signature, et à l’auteur d’une ½uvre, laisse malheureusement toute leur place à des revendeurs qui achètent des objets d’art à la source et les revendent considérablement plus cher dans des lieux privilégiés comme des salons de l’artisanat par exemple, d’autant plus qu’il faut aux sculpteurs payer leurs places pour exposer dans ce genre d’endroits pourtant propice à la rencontre avec des amateurs d’art.

Ainsi, la plupart des sculpteurs restent, à ce jour,  enclavés, car il leur est difficile de trouver le temps d’aller à la rencontre de leurs acheteurs. Eloignés de leur public par des revendeurs sans scrupules, ils voient leur travail dévalués par cette piraterie quotidienne qui persiste malgré l’apparition de nouvelles plateformes destinés à l’artisanat d’art au Burkina Faso. S’ils sont inscrit à l’association burkinabaise des auteurs qui garantie leur droits, et si l’un d’entre eux à reçu le 2eme prix de sculpture du Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou en 2008, les sculpteurs de la case se sentent aujourd’hui bien seuls pour continuer à lutter, et auraient besoin d’une interface qui les aideraient à mieux se faire connaitre et reconnaitre tout en leur laissant le temps de continuer à  travailler leur art. Ouagadougou n’a plus besoin de montrer qu’elle possède de grands artistes, elle doit aujourd’hui les protéger et les aider à mieux se projeter dans l’avenir.

 

 

 

Fodé et  Zoé

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Premiers contacts avec des artisans sculpteurs

Le 22-01-2010 • Pays : Burkina Faso

La journée d'hier s'est avèrée pleine d'imprévus plutôt agréables au final. Hier matin nous avons travaillé sur le dossier de présentation de notre projet, afin de pouvoir le diffuser largement. Simplement les connexions internet ne fonctionnaient plus hier dans notre quartier et nous n'avons pas pu faire ce que nous avions prévus. Nous sommes donc partis nous promener près d'un des barrages de Ouaga (appelé barrage  numéro 1, situé dans le quartier somgande, secteur 25) qui sert de retenue d'eau pour deservir l'ensemble de  la population ouagalaise, puisque comme vous le savez le burkina Faso n'est traversé par aucun fleuve. Le cadre est charmant et propice aux ballades. En rentrant, nous sommes tombés sur un groupe de sculpteurs qui travaillaient sur le bord d'une route. Nous avons donc entamé une discussion, leur parlant de notre projet et nous avons convenu de nous retrouver aujourd'hui, cet après midi pour un  entretien. Il apparait pour nous vraiment intèressant de parler avec des artisans car la distinction artiste-artisan n'a pas cours ici exactement comme en Europe, et le rapport des artisans à leur public nécessairement déterminé par des enjeux également financiers, promet un beau débat et nous permettra d'ouvrir notre problématique.

 

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