Malogam, la main et le coeur

Le 31-03-2010 • Pays : Ghana

 Entretien realise avec le peintre Seydou Roger Guingané dit Malogam, Bobo Dioulasso BURKINA FASO

Seydou Roger Guingané dit Malogam est peintre à Bobo Dioulasso. Il tient son nom d’artiste du patronyme de celui qui l’a aidé à peindre Malo, un ami français de la famille, et du sigle Guingané Art Manuel, qui montre l’importance qu’à pour lui l’idée de travailler avec ses mains. Mais d’abord et avant tout, Malogam est un homme de cœur. Lorsqu’il parle de son enfance et de Malo, ami paternel qui a su convaincre sa famille de le laisser peindre alors même que personne ne croyait en lui, on sent vibrer en lui quelque chose de particulier qui éveille un petit supplément d’âme. Et c’est cette même sensation que l’on retrouve face à ses peintures. Réalisées dans un style figuratif presque naïf, les œuvres de Malogam sont particulièrement graphiques, et on sent qu’il s’amuse à jouer avec les rondeurs féminines et les courbes toutes aussi pleine de l’Afrique. Jouant avec les formes comme avec des signes, il donne à ses tableaux des messages clairs et efficaces à cheval entre tradition et modernité, et qui fonctionnent comme de véritables invectives vis-à-vis de ses concitoyens. Exposées dans la maison de son père, aujourd’hui fier du travail et de la créativité de son fils, ces peintures appellent à être vues par un plus grand nombre, car comme le dit si bien Malogam, le combat des peintres au Burkina Faso, est d’être vus. Le public est une question omniprésente et obsédante purement et simplement car il n’existe presque pas de lieu pour présenter la peinture à Bobo Dioulasso, et qu’aujourd’hui les bobolais n’ont pour la plupart pas conscience de son existence. Or les expositions sont pour les peintres de véritables vitrines qui leur permettent à la fois de faire connaitre leur travail et de se frotter à la réaction de leur public, élément primordial pour Malogam qui se souvient encore du livre d’or de sa dernière exposition au CCF. Lui, qui aujourd’hui est obligé de travailler également comme fonctionnaire afin de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, était tellement content de lire la joie et la reconnaissance dans les mots laissés par les visiteurs du CCF. En une seule exposition, il a pu réaliser 6 ventes et lier 26 contacts supplémentaires. Aujourd’hui il fait partie des artistes sélectionnés pour la prochaine SNC, et ses œuvres sont aussi visibles à Ouagadougou chez la chorégraphe Irène Tassembedo. Cependant, si le combat de Malogam pour être vu commence à devenir payant, il pense à tous les jeunes artistes qui arriveront après lui, et ne peut pas se satisfaire de la situation actuelle. En effet, à Bobo Dioulasso, les œuvres plastiques ne sont visibles que pendant la SNC (semaine nationale de la culture) ou lors d’évènements particuliers au Centre Culturel Français, comme la Nuit Colorée par exemple, nuit pendant laquelle des toiles vierges ont été mises à disposition des plasticiens pour qu’ils s’en emparent. Si ce type d’événement ne suffit pas à amener un nouveau public à la peinture, il permet en tout cas de fédérer les artistes peintres entre eux, et leur permet d’apprendre à mieux se connaitre. Car pour Malogam les artistes doivent travailler ensemble pour permettre l’évolution de leur situation. Actuellement, Bobo Dioulasso se vide de ses artistes alors qu’elle était leur terre mère, et seul un travail de groupe permettra qu’ils reviennent. Pour Malogam, la chose est assez simple : il faudrait déjà que la télévision Burkinabé, médium de masse s’intéresse aux artistes et leur accorde le temps de parler de leur travail et de faire passer leur message. De même, le gouvernement devrait développer les rencontres entre artistes et publics scolaires afin que l’art fasse partie du quotidien, et surtout il faudrait que chaque année des expositions de jeunes talents puissent avoir lieu dans toute la sous région pour que les artistes soient également conscients du travail et des réalités artistiques des pays voisins. Aujourd’hui les vitrines existantes comme le SIAO de Ouagadougou et la SNC sont trop difficiles d’accès. Il faut savoir que le plus petit stand au SIAO coute 300 000 FCA (450 euros – le salaire moyen devant être aux alentours de 50 000 FCFA). En 2008, les artistes de Bobo ont protesté contre cette sélection par l’argent et ont décidé de se mettre en grève et de boycotter le Salon, mais la télévision a démentie la véracité de leur action, mettant fin à leurs revendications. Il faut dire que sous la Révolution, l’Etat subventionnait le SIAO permettant aux dans la mesure où les anciens ont du mal à laisser leur place aux plus jeunes, et ceci d’autant plus que la situation de tous les artistes est précaire. Pour Malogam, l’art est aujourd’hui un centre commercial qui valorise toujours les mêmes personnes et ne fonctionne que par réseaux et relations. Pour lui la branche des arts plastiques est la plus difficile et la plus fragile de l’arbre. Mais lorsqu’elle se réveille c’est elle qui berce les plus beaux rêves. C’est aussi valable pour un pays qui s’il a la chance de compter des artistes parmi les siens se doit de les entretenir et de leur donner la possibilité et les moyens de s’exprimer. Peintre à Bobo Dioulasso, Malogam est aussi un homme de conviction. Pour lui l’avenir doit se conjuguer au collectif et ne peut être envisagé qu’en couleurs….

Fode et Zoe 

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Accra la culturelle

Le 22-03-2010 • Pays : Ghana

Accra est une ville particuliere, a la fois tres britannique et completement unique en son genre, elle est en tout cas tres ouverte sur la culture comme en temoigne l artiste Jessica Antwi-Boasiako qui travaille sur le graphisme des affiches de rues de la ville. Il est clair qu accra et ses nombreuses galeries sont tres tournees sur les arts visuels, mais aussi sur la culture en general. La preuve en est du Musee National qui se presente de maniere completement differente des autres Musees Nationaux vus juqu alors. En effet, presentant a la fois une collection permanente tournee sur l histoire culturelle et politique du Ghana et des expositions temporaires plus thematiqes et / ou contemporaines, le musee ne tarit pas d effort pour rendre la culture traditionnelle plus didactique. Adoptant des principes curatoriaux anglophonnes, ils n hesitent pas a replacer les oeuvres dans leur contexte d origine en multipliant les reconstitutions, qui si elles ne sont pas toujours utiles ont le merite de donner vie au musee et de le rendre attrayant. Le musee offre a voir deux expositions temporaires dediees ici l une a la jeunesse ghaneenne, et l autre  a la culture de la sous region, afin de montrer les ressemblances et similitudes entre le ghana et les regions voisines. Un etage est reserve aux oeuvres archeologiques, et ethnographiques,  et une salle a l histoire de l esclavage.

Par ailleurs des textes explicatifs viennent rendre compte a la fois de l histoire des oeuvres et de la volonte des commissaires d exposition, ce qui donne des choses parfois un peu atypiques pour nous comme le fait que les objectifs de l exposition visent a inculquer a sa jeunesse 'patriotisme, service de l humanite et amour de dieu'... Cependant, rares sont les musees qui affichent comme cela leurs intentions et expliquent aussi clairement leur demarche a leur public. signe egalement fort, ce meme public est aussi affiche sur les murs du musee, ou des photos des eleves venus en visite sont accrochees....

Nous essayons d obtenir un rendez vous avec les membres de l equipe museale afin de pouvoir vous en dire un peu plus.

mais on vous laisse decouvrir tout ca par vous meme..\

fode et zoe

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Profession : Faiseurs de masques

Le 21-03-2010 • Pays : Ghana

Entretien réalisé avec  Assan et Ousséni  OUATTARA, dit les Frères Ouattara, artistes plasticiens  experts en masques africains et polychromie.

 BOBO DIOULASSO - BURKINA FASO

Souvent  face à l’art contemporain africain, on s’interroge sur  le rapport qu’on les artistes à la tradition, et nombreux sont ceux qui ont réfléchit à la question de la « pureté », et de la réelle « africanité » des artistes contemporains du continent … qu’ils continuent d’y penser, car face à nous le sourire des frères Ouattara nous  annonce une nouvelle manière de penser l’art non plus sous l’angle de l’origine mais sou celui de la transmission.


Les frères Ouattara, Assan et Ousséni sont jumeaux et c’est peu de le dire, car en plus de se ressembler comme deux gouttes d’eau, ils ont choisi de travailler ensemble et de cosigner  toutes leurs œuvres. Pour autant, ce ne sont pas des artistes au sens ou on l’entend habituellement car avant tout, ils sont experts en masques africains. Passionnés par cette tradition populaire, ils recherchent et travaillent l’histoire de chaque masques qu’ils croisent et c’est pour mieux les connaitre qu’ils ont choisis de les copier. Oui les frères Ouattara sont d’abord et avant tout des copistes : Mais s’ils copient les masques de leurs pays c’est dans l’espoir que les originaux restent  dans leur environnement  et que seules les copies soient visibles dans les grands musées européens spoliateurs du patrimoine africain. C’est pourquoi ils vendent leurs copies accompagnées d’un texte original reprenant l’ensemble de leur recherche sur le masque copié. Pour eux, l’art est donc d’abord une mission de connaissance et de préservation de ce qui existe déjà. Encrés dans la tradition, ils ont cherché à la comprendre à la fois théoriquement, en partant à la recherche de l’histoire des masques, et empiriquement en cherchant à reproduire exactement chacun des masques qui passent entre leurs mains.  Ils ne sculptent pas ces masques mais travaillent uniquement leur polychromie, et s’évertuent à reproduire leurs visages qui symbolisent pourtant l’invisible et le non dévoilement. Travaillant à mains pleine les mystères de l’art, ils se placent à la frontière du passé et du présent, à la lisière de l’art et de sa tradition, de la reproduction et de la création. Car à force de refaire ces masques et de chercher à comprendre leurs univers symboliques, les frères Ouattara ont commencé à créer leur propres symboles et leurs propre mythologie, dont  les portes peintes sont devenues les meilleures porte parole. Comme ils le disent eux-mêmes,  travailler sur une porte c’est à la fois  inviter chacun à entrer et  mais protéger  ce qu’elle renferme. Eux-mêmes sont comme des portes qui protègent et promeuvent l’art du Burkina Faso. 

Alors c’est vrai que la question de leur public n’est pas celle qu’ils envisagent en premier. Ils se contentent d’apprécier ceux qui viennent à eux et tachent toujours d’être présents pendant leurs expositions afin d’échanger avec ceux venus voir leur travail. Pour autant, s’ils disent ne pas intellectualiser la question de leur public, il pense l’art comme transmission. Pour eux, Tout travail manuel est une manière d’échanger, et de faire passer l’intelligible dans le monde sensible afin de le rendre plus compréhensible. Jouant sur les poncifs de l’art africain, en prônant le vrai à travers la copie, en inventant de nouvelles symboliques à partir de modèles traditionnel,  les frères Ouattara nous rappellent que l’art n’est pas à définir mais à vivre, et qu’il n’est pas la peine de trop y réfléchir, mieux vaut en rire.

Leur mot de la fin, est plus utopique, face aux petites querelles de l’art contemporain, ils préfèrent prôner la paix dans le monde. Sait-on jamais, elle pourrait arriver….

 

 

Fode et Zoe

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La difficile compréhension de l’image BURKINA FASO- BOBO DIOULASSO

Le 19-03-2010 • Pays : Ghana

 Entretien réalisé avec M. Ladji- Bâkoné  MILLOGO  et M. Sidiki COULIBALY dit Santos,  membres fondateurs de l’association des photographes professionnels de Bobo Dioulasso ( APPB) et du Syndicat Provincial des Photographes Reporters et Assimilé du Houet, le (SYPROVINPRA/H)

BURKINA FASO- BOBO DIOULASSO

Au pays  des hommes intègres, la place de l’image photographique est assez limitée. Si l’image est partout, à la télévision, sur les panneaux publicitaires et au cinéma bien sur, la photographie elle, n’est que très peu visible. Pourtant, les photographes existent mais on leur demande surtout de tirer des portraits officiels, et de capturer le souvenir de différentes cérémonies comme les mariages, baptêmes, décès etc.  Le photographe, ici, est celui qui se dissimule dans la foule pour retenir l’émotion collective mais personne ne s’intéresse à son regard et à ce qu’il pourrait avoir envie de dire à travers ses images.

M. Ladji- Bâkoné  MILLOGO et M. Sidiki COULIBALY  font partie de ses photographes professionnels pour qui il est difficile de se tourner vers la photographie d’art. Membres Fondateurs du premier syndicat de photographes professionnels de Bobo Dioulasso, tous deux sont  devenus photographes par amour du métier, laissant de côté des carrières administratives beaucoup plus stables et mieux reconnues dans la société. ¨Pourtant s’ils couvrent tous les évènements de la vie bobolaise, leur situation est difficile, et les obligent à se battre pour que soit reconnu le travail de photographe.

En effet, parce qu’elle est un art d’autodidactes (aucune école) et donne lieu  à un métier précaire,  la photographie n’est pas respectée au Burkina Faso et les gens pensent trop souvent que seuls les bons à rien se tournent vers ce métier.  Les photographes ont, quant à eux, du mal à s’affranchir de l’esprit de commande dans la mesure où tout projet personnel est nécessairement coûteux, car personne ne souhaitent le  financer d’autant que les lieux d’exposition sont rares. Souvent, les images les plus travaillées sont celles qui ne seront jamais tirées car personne ne souhaite les acheter. La photographie est ici celle d’une personne qu’on connait, ou d’un évènement auquel on a participé. Elle est seulement souvenir et archive personnelle.

Plus généralement, il semble que la culture de l’image photographique ne soit pas dans la mentalité burkinabé, et même lors d’un évènement important le photographe est souvent la dernière personne à laquelle on pense.   De plus,  on n’estime pas nécessaire dans ce pays d’apprendre à lire les images quand on sait qu’une grande part de la population ne sait pas lire  les mots. L’image est toujours anecdotique et doit être compréhensible immédiatement et par tous, sans chercher à dire autre chose que ce qu’elle montre.

Face à ce constat, les photographes de Bobo Dioulasso cherchent aujourd’hui à se regrouper et à se coordonner afin de promouvoir leurs droits et de donner une meilleure image de la photographie qu’elle soit ou non considérée comme un art. Pour eux la revalorisation de la photographie passe par la sensibilisation à la lecture des images d’une part et l’harmonisation du statut de photographe d’autre part, ambitions qui sont désormais celles du Syndicat des Photographes de Bobo Dioulasso crée il ya tout juste un an.  L’idée première est d’abord de sensibiliser les populations à l’importance qu’ont prit les images, et les photographies dans la société. Pour M. Ladji- Bâkoné  MILLOGO et M. Sidiki COULIBALY  la photographie pourrait aussi être au service du développement  en montrant aux populations les dérives, et les incongruités de leur propre société.  Elle  est un outil  inestimable pour permettre le retour sur soi, et la prise de conscience. Pourquoi ne pas intégrer l’apprentissage de la lecture de l’image au projet d’alphabétisation du Burkina Faso, car l’image permet souvent de mieux comprendre ce qui nous entoure ?

Ainsi, être photographe à Bobo  Dioulasso, c’est d’abord se battre pour une reconnaissance de l’image parfois auprès des photographes eux-mêmes.  Mais qu’ils nous parlent d’art, ou bien qu’ils cherchent simplement à immortaliser l’instant, les photographes sont aujourd’hui porteurs de messages que leurs concitoyens doivent apprendre à interpréter pour mieux parvenir à lire  et à voir le monde dans lequel ils sont.

 

Fode et Zoe

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welcome to accra

Le 17-03-2010 • Pays : Ghana

Comme prevu nous sommes arrives hier soir dans la capitale ghaneenne. On vous dit comme prevu, mais en fait c etait plutot improvises puisque nous avions pris les billets la veille et reserve le matin meme un hotel degote sur internet... donc nous voici dans le car pour Accra , une journee entriere de voyage, mais heureusement cette fois ci le car est climatise et sous escorte policiere ce qui diminue considerablement le nombre de controles. Bon on a quand meme passer plus de deux heures a la frontiere ghaneenne mais le reste du temps on roulait, et comble du bonheur on nous a diffuses des  films nigerians ( Nollywoooooooood)  et pas besoin d etre bilingue pour comprendre, un vrai regal. pour ceux qui ne connaissent pas, nollywood, c est des histoires a l eau de rose parsemes de sorcellerie et de retour a la foi, tout ca avec effet speciaux made in Lagos..... Mais bon, mieux vaut vous parler du ghana en lui meme ( les photos viendront),. ce pays ressemble a l Angleterre avec le soleil et les rouquins en moins ( merci emy) et c est fou comme il parait different de l afrique francophone, et c est la qu on voit le poids de la colonisationm et l empreinte qu elle a laissee..........Mais surtout c est beauuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu, le paradis ou presque, la mer surgit la ou on sy attend pas et tout parait assez feerique.

Enfin, pour l anecdote, on est arrives hier a 21h30 sans avoir manges de la journee, autant dire  kon avait les crocs, bon on a galeres pour trouver l hotel mais le jeune homme de la reception a explique le chemin trois fois a notre taximan par telephone et nous avons fini par trouver. Hotel plutot grand luxe ( c est la kon a compris le sens de la monnaie ghanneenne et que quand on nous dit 140 cedis c est plus proche de l euro que du cfa...) bref on se  dit que pour pareille somme ils vont nous servir un repas royal au lit........ERREUR   a partir de  21h00 tout etait ferme a l hotel et dans le quartier ( comme les anglais je vous dit, on est sur qu ils mangent a 17 h et hop au lit...). heureusement on ne s est pas laisse abattre et on a fini par trouver une pizza  quon a deguste comme si c etait  du caviar...............

voila, aujourd hui on prend plein de renseignement et on cherche un hotel moins cher............... la suite bientot

 

Fode et Zoe 

 

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