L’ Artists Alliance Gallery : chambre avec vues

26/04/2010 - Pays : Ghana - Imprimer ce message
Entretien réalisé avec Ablade Glover,  artiste peintre et directeur de l’artists Alliance gallery à Accra

www.artistsallianz.com/info@artistsallianz.com

 

Située en bordure de mer dans le quartier de Labady Beach, l’artists Alliance Gallery, vaste espace blanc sur trois étages est un lieu unique dédié à la visibilité des artistes plasticiens de tout le pays. Dans un dédale de salles, d’escaliers et de recoins imprévisibles, on trouve ici des œuvres en tout genre,  du cercueil en forme de chaussure Nike, rendu célèbre en France par l’exposition Magiciens de la Terre,  aux œuvres des grands El Anatsui et Owusu Ankomah exposés lors d’une exposition thématiques dédiées à la diaspora en passant par celles de Wiz Kodowor ou d’Ablade Glover lui mêmes, artistes phares de la création nationale. Pour autant, la  galerie ne se satisfait pas de montrer seulement le travail d’artistes reconnus mais cherche à donner à chacun la possibilité d’être vus,  afin de promouvoir l’art contemporain ghanéen dans son ensemble comme nous l’explique  son directeur Ablade Glover.

Symbole de l’art moderne il a crée en 1993, en collaboration avec une trentaine d’artistes, l’Artist Alliance Gallery dans le but d’offrir à tous les artistes un lieu  pour promouvoir et vendre leurs œuvres, la galerie percevant 35 % du prix de vente seulement.  Si le système parait commun pour les habitués du milieu de l’art, il est pourtant unique au Ghana, pays dans lequel les artistes sont surtout habitués à payer eux-mêmes pour être vus, non pas dans un lieu destinés à cela mais dans des hôtels. L’alliance gallery, elle, donne sa chance à tous les artistes ou presque. « Nous ne sommes pas les juges de la culture en train de se  faire, et acceptons de montrer le travail de tous les artistes ghanéens qui souhaitent s’exprimer pour eux-mêmes. Seuls les artistes à touristes sont refusés. Les autres sont jugés par le public,rien que le public » précise Ablade Glover. Or ce changement d’espace, s’il est important pour les artistes pour des raisons à la fois esthétiques, artistiques et financières, est aussi primordial dans l’approche du public ghanéen. Car si elle reste difficile d’accès aux ghanéens dans la mesure  où elle est encore un lieu symboliquement destiné à ceux qui en ont les moyens et qui savent ce qu’ils pourront manger demain, l’Artists Alliance Gallery est cependant un lieu ouvert à tous à la différence des hôtels indéniablement destinés aux touristes.  Et s’il y a quelques années encore, avant qu’elle ne déménage dans le quartier de Labady Beach,  la galerie effectuait 80% de ses ventes auprès des touristes étrangers, aujourd’hui 30% de ghanéens font partie des acheteurs témoignant d’une évolution des choses certes lente mais perceptible. Pour Ablade Glover, une nouvelle génération consciente des enjeux de sa culture est en train de voir le jour au Ghana. En effet, fort d’une meilleure éducation et d’une plus grande ouverture sur l’extérieur, ceux qui en ont les moyens cherchent  de plus en plus à collectionner les œuvres d’artistes nationaux afin de participer à la reconnaissance et à la promotion de l’art contemporain ghanéen. Par ailleurs, la galerie elle-même cherche à diversifier son public en ouvrant ses portes aux scolaires (écoles primaires, collèges, lycées) et en présentant des expositions thématiques porteuse sde l’histoire de l’art ghanéen moderne et contemporaine. Ainsi, « the pionniers » était axès sur les précepteurs de la peinture au Ghana alors que « The Expatriated Artists » s’attachait au travail des artistes de la diaspora. Pour Glover il est important pour un artiste et un peuple de savoir d’où il vient, et  l’art est toujours l’histoire d’une interprétation de sa propre culture.

Ainsi, les ghanéens sont aujourd’hui en train de donner à leur art une nouvelle visibilité, et cherchent à ce que leur artistes connus sur le plan international le soient aussi au plan national. Ils savent que la colonisation, et notamment celle des anglais a laissé des traces en essayant de valoriser uniquement ses propres valeurs culturelles, contrairement aux  français qui ont cherché à s’imposer en métissant les cultures dans les pays francophones, et en devenant mécènes et précepteurs de l’art africain. Mais s’ils ont ainsi participé à une plus grande diversité de lieux dédiés à la culture, ils l’ont aussi formaté. Au contraire, les ghanéens en devant eux-mêmes créer  les moyens de leurs conditions auront peut être une plus grande facilité pour écrire eux-mêmes leur propre histoire de l’art.

Fodé et Zoé

ENGLISH

The Artists Alliance Gallery, a room with many views….

Interview of Prof. Ablade Glover, painter and Director of the Artists Alliance Gallery in Accra. www.artistsallianz.com/info@artistsallianz.co

Located at the La Beach Front, the Artists Alliance Gallery, a Big, white place of three stairs, is a special place dedicated to the artists of the whole country. Through several rooms and stairs we find here different kind of works from the Ghanaian coffins showed in france during the exhibiton “Magicien de la terre” to the works of the famous El Anatsui and Owusu Ankomah, exhibited here during a thematic exhibition concerning the artists of the Diasporas, and last but not least the works of the unforgivable Wiz Kodowor and Ablade Glover himself, symbols of the national art. Yet, the Gallery doesn’t only show the work of famous artists but also give the opportunity of each of them to be seen in order to promote the whole Ghanaian contemporary Art as Ablade Glover told us.

Symbol of Ghanaian Modern Art, he created in 1993 with thirty others artists, the Artists Alliance Gallery in order to offer a place where the artists can show, promote and sell their works. The gallery only keeps 35% of the selling price. This system, which can appear as usual for those who knows how art works, is unique in Ghana, country in which the artists used to sell their works in hotels, where they have to pay to be seen. The Artists Alliance gallery gives a chance to everybody almost. “We are not the judges of the contemporary culture and we accept to show the works of all the Ghanaian artists who are expressing themselves. Those who paint only for the tourists are not exhibited. The exhibited ones are judging by the public only” adds Ablade Glover. And this new space is both important for the artists and for the Ghanaian Public. Indeed, if the gallery is still a place reserved to few of them who can know what they will be eating tomorrow, it is yet open to everybody contrary to the hotels dedicated to the tourists. And if only few years ago before the gallery moved in La Beach, 80% of the art works were purchased by the foreigners and the tourists; today the gallery sells 30 % of its works to Ghanaian and this show that things are changing slowly but surely. To Ablade Glover’s mind, a new generation is born in Ghana, and people are now aware of the importance of their culture. Actually, thanks to an increase in education and travel,  those who can afford it, are more and more looking for art in order to collect  the works of the national artists to promote their artists and their contemporary art. On the other side, the gallery wants to diversify its own public by open its door to the schools of Accra and by showing thematic exhibitions. “The Pioneers” was based on the works of the first Modern artists in Ghana and “The Expatriated Artists” was focused on the works of the Ghanaian artists of the Diasporas. These exhibitions enlighten the Ghanaian History of Art. To Glover both artists and people have to know from where they are and Art is always the story of the interpretation of its own culture. 

Thus today Ghanaians people are giving their art a new visibility and are trying to give a national fame to their artists knowing on the international scene. They know that colonization, especially the English one, had let traces by promoting only its own cultural values contrary to the French who tried to impose themselves in the African Francophone countries by mixing cultures. However they patronized it but also become the prescriber of an African Art they have defined. On the contrary the Ghanaian who have to create themselves their own means of condition, would maybe write easily their own history of art.

 

 

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    Par Clo
    le 27/04/2010 à 10:23:57
    Oh mierda comme vous avez du galérer à la traduction...

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